Le bénévolat : mille et un visages , mille et une actions

Le bénévolat : mille et un visages , mille et une actions

Bénévoler ? C’est consacrer votre temps libre en mettant au service des autres avec votre énergie et vos compétences.

La valeur républicaine

En effet, c’est le 17 décembre 1985 à New York que l’ONU a décidé de créer la journée mondiale du bénévolat afin de promouvoir le travail des bénévoles pour le développement économique et social aussi bien au niveau local, national et international. Mais c’est aussi pour mettre en avant le rôle joué par les structures associatives qui s’efforcent de répondre aux divers besoins de la vie sociale, principalement au près des jeunes, et des quartiers difficiles.

L’ONU souhaiterait voir les sociétés et les gouvernements reconnaître et promouvoir le volontariat comme activité indispensable.

Bénévolat ou volontariat ?

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Pour être tout à fait précis, nous nous devons de dire que la résolution des Nations Unies dont il est fait mention (la 40/212) est plus exactement consacrée au volontariat. Et dans ce cas, on parle volontiers de la Journée Internationale du Volontariat. Mais ne nous leurrons pas, il s’agit bien d’une seule et même journée.

Les champions du bénévolat

L’engagement dans le bénévolat constitue un enjeu vital pour le développement, voire la survie de nombreuses pays émergent afin d’atteindre les objectifs du développement durable.

Une Analyse comparative des structures associatives à travers le monde établit par le cabinet Deloitte, met en avant le classement de vingt pays. Parmi les pays du Maghreb, seul le Maroc figure dans le classement.

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Tunisie: des associations attentoires et une société  septique  à l’idée d’une participation dans la voix citoyenne

Une étude sur l’utilisation du temps par les Tunisiennes et les Tunisiens réalisé par le ministère des Affaires de la femme, de la famille, de l’enfance et des personnes âgées démontre que l’intérêt de la famille pour le divertissement est deux fois supérieur a son intérêt pour le travail bénévole et associatif. Le tunisien est social, mais il est peu sensible au travail bénévole (5 minutes par jour) et ne contribue pas aux différentes formes d’action sociale .

Concernant l’évolution de l’engagement bénévole associatif en Tunisie, le Centre d’Information sur la Formation l’Etude et la Documentation des Associations (IFEDA) a déclaré que  les organisations religieuses de charité notamment ont augmenté dans les quartiers urbains et dans les régions intérieures les plus touchées par la pauvreté et l’exclusion. Néanmoins, seulement un petit groupe de jeunes Tunisiens sont actifs au niveau des organisations civiles (OSC). Selon  l’enquête , seulement 3% de jeunes ruraux participent dans des OSC. Parmi ces jeunes actifs dans les OSC, le bénévolat le plus répandu concerne les Organisation Sociologique de Changement (OSC) œuvrant pour le développement social régional, les bonnes œuvres, la lutte contre la pauvreté, les affaires religieuses et les sciences.

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En dépit du faible taux de participation aux activités des OSC, 9 jeunes tunisiens sur 10 considèrent que le bénévolat dans les OSC est très important pour les communautés. En Tunisie rurale, 92% de femmes et 82,2% d’hommes identifient les organisations communautaires comme des facteurs très importants pour le développement local Le niveau de confiance est relativement bas : le niveau de confiance vis- à- vis des organisations communautaires est plus faible en zone rurale, sans doute affecté par l’hétérogénéité en termes de qualité et de degré d’orientation politique affichée par les organisations. Seulement 40,7% de jeunes femmes et 39,9% de jeunes hommes en milieu rural disent avoir confiance dans les organisations communautaires La confiance est beaucoup plus élevée en milieu urbain, avec 63,6% de jeunes femmes et 60,7% de jeunes hommes. Le taux de bénévolat des jeunes en Tunisie est très faible, Il en résulte une faible représentativité des jeunes dans la société civile régionale; le pourcentage des jeunes déclarant être adhérents ou membres actifs dans une association varie entre 1,5% et 6% selon les études récentes parmi lesquelles figure celle du BIT (Bureau International du Travail).

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Le bénévolat chez les jeunes hommes en milieu urbains (2, 12%) est près de deux fois plus répandu que chez les jeunes citadines (0,89%) .Près des trois quarts de tous les jeunes volontaires en milieu urbain vivent dans la région côtière En comparaison, seulement un petit groupe de 13,2% de jeunes bénévoles vivent dans la région intérieure de Tunisie, suivie par 14,2% des jeunes bénévoles qui vivent dans les régions du Sud. Le faible niveau global de bénévolat et ses disparités régionales illustrent l’étendue et la nécessité de soutenir le volontariat des jeunes en Tunisie, en particulier dans l’intérieur et les régions du Sud

Selon IFEDA en 2015  la Tunisie comptait 18.143 associations actives et leur contrôle pose de vrais problèmes. Le pays enregistre en plus 2262 associations caritatives, 300 opérant dans le domaine des droits humains, 3032 à vocation culturelle et artistiques et une centaine actives dans le domaine religieux, mais qui sont classées parmi les associations culturelles. Il est a noté que plus de 8.000 associations ont vu le jour après le 14 janvier 2011. En plus du ministère de l’Intérieur, plusieurs parties politiques et militants des droits de l’homme avaient mis en garde contre le danger des associations suspectes et leur implication directe dans le financement indirect des partis, mais aussi des groupes  terroristes. Cela a fini  par engendrer un certain scepticisme chez la population tunisienne.

Aujourd’hui encore, et malgré les perspectives offertes par la société civile, les jeunes tunisiens manquent d’intérêt et d’engagement pour la vie associative, soit parce qu’ils sont réticents à participer à des activités de bénévolat, ou par manque d’expérience dans ce domaine», ou encore par une sorte de fatalisme pour ce qui est de l’impossibilité d’améliorer leur situation ou de voir leurs attentes satisfaites.

Bien que la participation des jeunes dans la société civile soit encore limitée, elle semble prometteuse et la participation des jeunes dans la citoyenneté active, devrait se renforcer rapidement au vu de la perception positive associée au bénévolat

En général, les jeunes ont déclaré avoir un contrôle limité sur le cours de leur vie, y compris les décisions concernant l’éducation et le travail.

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