HAICA dénonce la discrimination dans les chaînes tÉlÉvisées

HAICA dénonce la discrimination dans les chaînes tÉlÉvisées

C’est dans le cadre  de son rôle de régulateur du paysage médiatique tunisien que la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HAICA) a pris l’initiative de réaliser une étude d’observation de la présence des femmes dans les débats publiques télévisés en Tunisie. Cette étude s’inscrit dans la limite d’une enquête, veillant à l’application de toutes les dispositions spécifiques en matière de parité homme/femme afin d’éviter toutes formes de discrimination fondée sur le genre et de promouvoir ainsi la culture de l’égalité et de la diversité.

Lors de l’observation les données révèlent indubitablement , une sous- représentation de la femme en tant que personnalité publique, ce qui est sans conteste contraire au contexte actuel du taux de la présence des femmes à l’ARP. En effet depuis 2011, le taux est en constante évolution , il est passé de 23% à 33,64% en 2015. Un taux qui a dépassé en large, la marge moyenne de certains pays occidentaux à l’instar de la France (26,9%) et de l’Italie (20%).

Un  contexte juridique relatif à la dimension en genre dans les médias.

Sous l’effet de sa collaboration avec des organismes internationaux chaque action  qu’entreprend  la haute instance doit être  en totale vigueur avec  les différentes textes nationaux et internationaux de la lutte contre la discrimination entre les sexes sous toutes ses formes.

La prise de cette initiative est à l’origine dû aux derniers indicateur publié par l’UNESCO avec la participation de la Fédération Internationales des journalistes pour promouvoir l’égalité des genres dans les médias.

Afin de justifier la crédulité de son observation, la haute instance  réalisé son étude tout au long d’un trimestre hors période-électorale.

L’enquête s’est faites auprès des télévisions publique (Watania 1 et Watania 2 ) et de cinq chaines de télévision privées (Nessma- Al Hiwar Ettounsi – Hannibal – Al Moutawassit – TNN)

Par ailleurs durant l’étude les résultats du monitoring par chaîne ont montré que sur les sept chaînes, seul la deuxième chaîne de télévision publique Watania 2 enregistre le taux le plus élevé de la représentation et d’intervention des femmes dans le débat public  avec 23%  contre 9% avec Watania et TNN qui sont en égalité. Il en est de même pour les chaînes privées Al Hiwar Ettounsi et Al Moutawassit “execo” à 10% . Chez Hannibal Tv les hommes monopolisent les interventions sur la chaîne avec 84% dans toutes les catégories, contre 16 %  pour les femmes . Mais la plus minime de toutes c’est la chaîne Nessma où le taux de visibilité des femmes enregistré atteint les 7%.

En somme ,les interventions des femmes dans le débat public , toutes catégories  et toutes chaines confondues, représentent seulement 11% du total du temps de parole global contre 89%  pour les hommes. La représentation des femmes actrice politiques, personnalités syndicales, membres d’associations ou expertes varie en fonction des chaînes et ne dépasse pas dans le meilleure des cas 23 %. La participation des femmes dans le débat public est davantage influencée par l’importance des thèmes soulevés .  Au niveau du thème “Sécurité et terrorismes” à titre d’exemple qui vient en tête des sujets traitées, le temps de parole de la femme et de 8 % . La participation des femmes dans le débat public est marginalisée quelque soit la dimension géographique des thèmes traités et sa présence de 11% pour les femmes contre 89% pour les hommes. Les enquêtes et les reportages télévisées ne font apparaitre que 17% des femmes contre 83%  des hommes.

HAICA émet de sérieuses mises en garde.

Afin d’alerter,  les chaines de télévision de l’inquiétante situation, la haute instance de HAICA appel  les journalistes et les  responsables médias à prendre des dispositions pour inverser la pente et ce le plus tôt possible.

Sur ce fait , la haute instance a adressé ses recommandations au corps médiatique. Ainsi tout les journalistes doivent éviter toute discrimination liée aux femmes lorsqu’il s’agit de vérifier une information et/ou de solliciter une expertise sur un sujet donné ainsi il faut inciter toutes les équipes journalistiques à encourager l’accès des femmes publiques aux programmes de télévision dédiés au débat public. mais aussi rompre avec les stéréotype qui associent d’un coté l’homme au “sérieux” et à “l’expertise” et la femme au “divertissement et à la “légèreté” de l’autre.

Il en revient de même aux haut responsables des médias, qui doivent préconiser l’égalité des droits et l’équilibre des relations. Sous cet entendement, HAICA invite les  responsables en question à sensibiliser les décideurs ‘Directeurs, Rédacteur en Chef). Elle incite également les responsables à encourager la participation des femmes dans les débats public ( femmes expertes , actrices politiques , activistes dans les associations, personnalités syndicales) au vu de favoriser la pluralité des opinions et faire en sorte que les thèmes relatifs à la condition féminine prennent une part plus importante.

Malheureusement, les a priori et les stéréotypes discriminatoires subsistent encore dans l’administration Tunisienne et il  reste beaucoup de chemin à faire avant de sortir des sentiers battus.[

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